Document
Actes du séminaire scientifique "Revisiter la métropolisation à l'heure de la transition écologique" (Arc-et-Senans, 2025)
juin 2026

Ce document constitue les actes exhaustifs du séminaire de recherche tenu à la Saline Royale d’Arc-et-Senans les 5 et 6 février 2025. Plus qu’un simple compte-rendu, il s’agit d’un matériau scientifique précieux conçu comme un trait d’union stratégique entre deux programmes majeurs de la plateforme POPSU : Métropoles (clôturé) et Transitions (clôturé fin 2026). Ce "conclave" a réuni une trentaine d’universitaires experts (géographes, économistes, politistes, historiens) pour confronter vingt ans d’observation du fait urbain aux impératifs de la bifurcation écologique.

Les quatre axes majeurs du contenu

  1. Le temps long et les cycles de métropolisation : Le texte décortique le passage d’un modèle "descendant" et aménageur (les métropoles d’équilibre) à un moment néolibéral axé sur la compétition, pour aboutir aujourd'hui à une "métropole de la transition". Les auteurs interrogent : assistons-nous à une véritable rupture ou à un simple "tuilage" des modèles ?
  2. Le paysage institutionnel et le pacte État-Métropoles : L’analyse explore le paradoxe français de métropoles puissantes mais "agencifiées" par un État qui recentralise sous couvert de normes (ZAN, planification écologique). Les relations asymétriques avec les Régions et la disparition politique du Département y sont discutées sans détour.
  3. La société métropolitaine et l’impensé social : C’est l’un des points forts du séminaire : la nécessité de réintégrer la question sociale dans l’écologie. Entre "ville à trois vitesses" et "gentrification climatique", le document plaide pour une justice spatiale qui tienne compte de l’habitant, du coût résidentiel et des vulnérabilités invisibles.
  4. L’économie, de la connaissance à la matérialité : Les débats marquent le deuil de la "mythologie de l’attractivité" (la CAME). L’accent est désormais mis sur l'économie métropolitaine ordinaire (logistique, déchets, maintenance) et sur le retour de la matérialité (flux d’eau, énergie, ressources) comme nouveau socle de la pensée urbaine.

Conclusion : Vers un nouvel aménagement du territoire

En clôture, Jean-Marc Offner propose cinq pistes pour un futur colloque, appelant à un "nouvel aménagement du territoire" capable de combiner les échelles et de dépasser les postures idéologiques pour offrir, enfin, une véritable capacité d’action aux collectivités.