Les Ateliers Nationaux POPSU Transitions, organisés à l’échelle nationale, mettent en dialogue les plateformes sur les thématiques qu’elles partagent, liées aux transitions. Ils visent à développer la dimension comparative non seulement entre les travaux de recherche et les actions opérationnelles, mais aussi entre les divers contextes métropolitains français.
La transition socio-écologique suppose que l’ensemble des citoyens et citoyennes en soit partie prenante et qu’elle réponde à une exigence de justice sociale quant à l’effort demandé à chacun et chacune. Cette question est assez peu traitée par les plateformes et globalement moins présente dans les travaux de recherche. C’est pourquoi il a été décidé d’en faire le thème d’un des ateliers nationaux afin de la réintroduire et de la mettre à l’agenda de nos travaux.
Après une séance introductive en ligne le 30 janvier 2025, une première rencontre à Dijon le 8 avril 2025 et une deuxième à Caen le 19 juin 2025, la troisième séance de l'atelier national POPSU Transitions s'est tenue à Lille le 16 octobre 2025, co-organisée avec la plateforme POPSU Transitions de la Métropole Européenne de
Lille. Elle s'inscrivait dans un contexte particulier : celui d'une métropole post-industrielle en reconversion, première métropole la plus jeune de France, dont les travaux POPSU interrogent la question de la justice spatiale et les défis sociaux que font peser les transitions sur les jeunes générations.
La journée, accueillie à l'École Nationale Supérieure d'Architecture et de Paysage de Lille, a réuni des chercheurs, élus et praticiens autour d'une interrogation centrale : à travers le prisme des jeunesses, la société métropolitaine apparaît-elle fondamentalement hétérogène ? La question écologique recompose-telle des affiliations de classe ? Et quelles politiques publiques construire pour s'adapter à une société « insaisissable », voire invisible ?
La matinée a croisé les résultats d'un atelier étudiant mené à l'Université de Lille sur les profils et territoires des jeunes de la MEL — volet cartographique et enquête qualitative auprès de 106 jeunes de 15 à 25 ans — avec la présentation de la stratégie jeunesses de la MEL, dont la construction depuis 2016 illustre comment une collectivité se dote d'une compétence et d'une légitimité hors de son registre premier. Un regard croisé avec les expériences caennaises a complété ce panorama. Une conférence de Stéphanie Vermeersch (CNRS) a ensuite mis en perspective les rapports entre transition écologique et classes sociales : condition écologique des classes populaires, invisibilisation du lien entre inégalités et changements climatiques, et conséquences pour les sociétés métropolitaines.
L'après-midi a réuni, en table ronde, des acteurs du réseau « Jeunesses en métropole » de Toulon Métropole, de l'Eurométropole de Strasbourg et de la MEL, éclairant les
modalités concrètes de construction de politiques jeunesses à l'échelle métropolitaine et leur articulation avec les enjeux de transition. La synthèse collective a interrogé la tension entre politiques d'égalité et d'équité, entre incitation et coercition. L'ensemble des échanges a rappelé que la transition ne peut réussir qu'en articulant justice sociale, connaissance fine des sociétés métropolitaines et innovations dans la fabrique de l'action publique.

