Comment connaître la transition écologique pour mieux la gouverner ? Né d’une demande exprimée au Forum national POPSU Transitions de Nantes (mars 2024), l’Atelier national « méthodes, données et instruments » a confié à Manon Laugaa, docteure en science politique, un post-doctorat de huit mois pour suivre « l’itinéraire des données » au sein des 23 plateformes du programme.
Le dispositif : 24 entretiens, collectifs ou individuels, avec 34 chercheurs, référents des collectivités et spécialistes de la donnée, menés entre janvier et avril 2026.
Les principaux enseignements :
Un paradoxe : jamais les données n’ont été aussi abondantes, et pourtant acteurs et chercheurs ont le sentiment d’en manquer. Le déficit tient moins à une pénurie qu’à un désajustement entre données, échelles, catégories de mesure et usages.
Le « pouvoir informationnel » des collectivités reste fragmenté et discontinu : la décentralisation des compétences ne s’est pas accompagnée d’une décentralisation équivalente des outils de connaissance.
Les collectivités cherchent aussi à infléchir les catégories de mesure : « l’intensification » plutôt que l’artificialisation à Aix-Marseille-Provence, un baromètre des transitions à Grenoble.
La recherche partenariale éclaire des angles morts : logistique urbaine à Strasbourg, vulnérabilités à Rouen, toile et atlas de l’eau à Grenoble, entretiens observants à Dijon.
Faire circuler les connaissances entre science et action suppose un travail continu d’ajustement et de négociation, de la collecte à la diffusion.

