Hier locomotives de la croissance, aujourd’hui accusées d’alimenter les inégalités, la consommation des ressources et la crise démocratique : les métropoles sont au cœur de débats de plus en plus vifs. Que nous apprend un demi-siècle de recherches ?
Le dispositif : un état de l’art réflexif confié au sociologue Thomas Kirszbaum, chercheur associé au Ceraps. Il mobilise près de 430 références de la recherche française, en géographie, en économie, en science politique et en sociologie, et s’adresse aussi à un public non spécialiste.
Les principaux enseignements :
La « métropole » reste un objet aux contours incertains : grande ville, région urbaine, statut institutionnel, promesse politique et, de plus en plus, objet de contestation. Distinguer la métropole de la métropolisation est la condition pour y voir clair.
La métropolisation est un processus à la fois spatial et économique, mais les grilles pensées pour les villes globales ne s’appliquent que partiellement aux métropoles régionales françaises.
La recherche ne valide pas le récit d’un avantage métropolitain généralisé et automatiquement redistributif, sans pour autant faire des métropoles des espaces uniformément prédateurs.
Les métropoles ont gagné en capacités d’action mais peinent à « gouverner au sens fort », au-delà de l’agrégation des intérêts communaux.
La métropole comme expérience sociale, faite de pratiques ordinaires et de sociabilités, reste un angle mort de la littérature.
Ce rapport complète le Cahier POPSU de Loïc Vadelorge, L’âge d’or des métropoles, et les actes du séminaire d’Arc-et-Senans.

